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Pétition : Ikéa à Paris !


3 octobre 2007 | Catégorie : Environnement, Hi-Tech, Humour, Musique, Politique, Tout et Rien

scooter ikeaOui, j’ose enfin dire tout haut ce que les parisiens pensent tout bas : je milite pour l’ouverture d’un magasin Ikéa à Paris intra-muros… ou alors à une Porte de Paris, peu importe, mais il faut faire quelque-chose, quoi…

On est jeune, on a pas de voiture… et il n’y a pas moyen d’aller à Ikéa acheter les trucs inlivrables !

Je vais vous dire, plus JAMAIS je n’irai en scooter à Ikéa ! Quelle horreur ! J’ai cru que je n’y arriverai jamais…

Je suis parti à 10h00 du mat, bottes aux pieds et blouson en cuir de motard sur les épaules, le plan Google Map scotché sur le guidon, prêt pour la Grande expédition tant redoutée par les parisiens… aller au-delà du périph ! Si si, je l’ai fait, j’vous jure !

Jusqu’à la Porte de Vincennes, pas de problème. Je dépasse fièrement la Porte, bien droit sur mon deux roues, sûr d’arriver dans peu de temps au fameux magasin…

Jusqu’au Château de Vincennes, pas de soucis… même la traversée du Bois de Vincennes qui est pourtant rempli d’arbre - et ça fait peur au parisien, les arbres… mais bon - je gère… mais là où ça commence à faire bizarre, c’est à l’entrée de Nogent-sur-Marne.

Suivre la N34… suivre la N34…

Rien que le nom : Nogent SUR MARNE. Ben oui, on a l’impression d’être en pleine cambrousse. Et puis la Marne, c’est loin de Paris, ça coule pas près de la Seine, la Marne. Bon, allez, j’ai la trouille, il n’y a pas de métro, pas de vélib’, mais c’est pas grave… je vais droit devant, sans me poser trop de question, l’oeil gauche rivé sur mon plan, le droit sur la route…

Suivre la N34… suivre la N34…

… Quand tout à coup, plus de N34 ! Fini, plus d’indication !!! Le plan Google Map me lâche, là, en pleine province, au milieu de nulle part. La peur me vient au ventre, je m’imagine déjà pendu à un arbre avec la courroie de mon scooter, avec une pancarte qui dit “Ci-gît un parisien qui à osé dépasser le périph”.

Nooooooooooon !!!!

J’ai beau me pincer, je ne rêve pas. Alors je roule, je roule… puis je fais demi-tour, revenant sur mes pas, espérant revoir ce “N34″ tant espéré… mais en vain, la Nationale 34 a disparue.

J’ai tourné, tourné, demandé aux gens… qui m’ont envoyés vers Perreux-sur-Marne, Bry-sur-Marne… mais si, je vous jure, ces villes existent bien… J’ai suivi une route sans fin, guidé par les indications des mamans qui attendaient une clope au bec à la sortie d’une école. Dans leur réponse, j’ai senti de la compréhension… de la pitié, presque. Elles ont beau habiter à quelques minutes d’Ikéa, j’ai vu dans leur regard qu’elles avaient conscience de leur chance. Elle ont été discrètes en donnant leurs explications… elles ont vu que je souffrais, que j’étais en état de faiblesse. Merci mesdames…

J’ai roulé loin… si loin… j’ai cru un moment que j’allais arriver en Belgique. Mais non, au bas d’une colline, près d’un rond-point, il était là, solide comme un roc : le logo jaune, ces 4 lettres accrochées robustement sur le mur métallique bleu de ce gigantesque paradis des jeunes locataires.

J’ai enfin pu affronter cette foule inconsciente, bien présente, même un lundi matin… enfin, midi maintenant.

Ils ne savent pas, eux, ce que c’est de venir en scooter depuis Paris, avec leurs belles 4×4 immatriculées, ils ne craignent pas l’autoroute, eux.

J’ai enfin pu toucher la commode Leksvik 5 tiroirs à 49 euro, le parquet stratifié Tundra aspect antique, celui que je regarde tous les jours sur mon écran d’ordinateur depuis 2 semaines en me disant “tiens, je me demande de quoi ça à l’air en vrai”. Et bien voilà, tout est là, devant moi… des mètres et des mètres carrés de Önska, de Havtörn et autres Gründtal…

Bon, c’est pas non plus tout bleu, chez Ikéa, par exemple la nana du rayon cuisine, pendant qu’elle me faisait mon devis, je peux vous dire que je pouvais me gratter pour qu’elle se bouge les fesses de son fauteuil pour me montrer les différences entre les 48 modèles d’expo. J’ai du comparer tout seul. Ah ça, quand vous êtes en magasin, aucune vendeuse ne ressemble à Anna, la nana aux yeux bleus du site web.

Bref, après deux heures de randonnée commerciale en Suède, je repars vers mon scooter, mes 12 assiettes Gräsgluturb et mes fourchettes Pläkentulk en main…

Il faut rentrer à Paris… … …Et si j’appelais un taxi ?

Non, non ! Je peux le faire. Je peux utiliser la force du jedi qui sommeille en moi.

Je m’en vais donc, mon plan Google Map de retour scotché à la place de l’ancien.

Mes pauvres amis, le retour fut pire que l’aller. La quatrième sortie du 12ème rond point ne proposait pas du tout la D120, et je suis parti vers Chennevières-sur-Marne. Ben oui.

Je suis arrivé chez moi mort de fatigue, après une heure de départementales et 7824 feux rouges.

Plus JAMAIS je n’irai à Ikéa en scooter. Plus jamais…

Alors que s’il y avait un Ikéa à Paris, même Rive Gauche (c’est vous dire si j’ai l’esprit ouvert), je l’affirme haut et fort : je viendrai acheter des trucs toutes les semaines, j’vous jure. Je serai même prêt à payer jusqu’à 10% plus cher pour éviter de retourner à Plutruvier-sur-Marne.

Si vous étiez à Paris, il y aurait tellement de monde que le 5 du mois vous auriez déjà l’argent du loyer et des impôts locaux. Mais si, j’vous jure…

On va vous trouver de la place, vous allez voir…

Alors je vous le demande en suédois… s’il vous plaît :

ÖPNNA EN ÏKËÄ PÀ PARIS…

ikea paris

PS : Le premier qui vient bouffer chez moi et qui ébrèche une de mes 12 assiettes Gräsgluturb, j’lui explose la tête. öK ?





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