
La catastrophe… Pourtant le sujet était intéressant : comment des soldats américains peuvent en arriver à violer et à tuer.
Mais c’est mal joué, mal filmé, mal monté (le film n’a pas de rythme), mal scénarisé et mal sous-titré.
La totale, quoi.
C’est mal joué par des acteurs qui sont à côté de la plaque : il n’y a pas d’émotion, les acteurs ne donnent pas vie à leur personnage.
C’est mal filmé parce que le réalisateur a voulu jongler entre différents styles : tantôt la caméra subjective (image dégueu), tantôt la caméra de surveillance, tantôt le documentaire français (qu’est-ce que ça vient faire là ? en plus la voix française sonne faux à mourir), puis les vidéos diffusées sur le net : la femme de soldat qui chiale sur son blog, l’ado américain qui dégueule sa violence sur YouTube, puis la vidéo de propagande djihadiste, et enfin le pseudo reportage de JT irakien.
On se perd. On s’ennuie. On passe à côté de l’essentiel.
C’est mal scénarisé, le pretexte est bancale. Un jeune soldat tout frais veut absolument tout filmer de la gué-guerre pour pourvoir faire un beau film afin d’intégrer (après ladite gué-guerre) une école de cinéma. Mais le pauvre choux va tomber de haut : les soldats sont méchants. Mais tant pis, quoi qu’il arrive, on ne lâche pas la caméra. Et quand il se fait couper la tête, ses gentils potes reprennent le flambeau…
Pourquoi chercher un pretexte ? Pourquoi s’emmêler les pinceaux avec toutes ces vidéos. Le concept même du film : “nous allons vous montrer des archives vidéos provenant de différentes sources” est déjà inutile. On s’en fout. Ce qu’on veut, c’est voir ces soldats, les comprendre, ressentir quelque-chose.
Ensuite, un reproche au distributeur du film. Pourquoi vous obstinez-vous à mettre des sous-titres en blanc quand la couleur dominante du film est le blanc ? Personne ne regarde le résultat après avoir écrit les sous-titres ? On rate plus de la moitié des dialogues. Et même si on comprend plutôt bien l’anglais en général, on n’est pas toujours à l’aise avec les accents à couper au couteau du Middle West ou du Texas…

Enfin, le plus important : le fond.
À trop vouloir défendre une cause, on finit par faire de la basse propagande (Michael Moore, Morgan Spurlock avec Supersize Me… etc.).
Ok, la guerre, c’est moche, c’est vilain, on tue des enfants innocents et dans les casernes les soldats disent des gros mots en regardant des photos de nanas à poil.
Ok, les soldats qui s’ennuient boivent de l’alcool, ont envie de baiser, et finissent par aller violer une gamine. Au final, l’alcool aidant, ils tuent la famille entière et mettent le feu à la gamine. Les soldats se sont transformés en monstres.
Bon, ok. Mais je pensais que le sujet du film était “Comment en sont-ils arrivés là ?”. Et le film ne répond pas à cette question. On comprend qu’ils ont un passif de looser, qu’ils n’ont pas lu beaucoup de bouquins dans leur vie et qu’ils sont racistes. Mais au final, on a survolé les personnages, on les a raté, et on n’a pas vu qui ils étaient vraiment.
Et alors le prologue, c’est le bouquet !
Le gentil soldat (il y en a un) est revenu aux US, ses potes l’invitent à faire la fête et lui demandent “Allez, raconte nous des histoires de comment que c’était à la guerre qu’on se marre un peu ! “. Et là il fout un gros froid et il raconte “Ha ouais, vous voulez vraiment savoir ? Ha ouais ? Et ben y a mes potes soldats qui ont violé et tué une gamine de 15 ans. Et ça les mecs, c’est super dur à oublier.” Et là les potes reprenne en coeur “Mais c’est pas grave Robert, on est est là pour se marrer ! Allez, vient faire la fête avec nous !”.
Voilà l’image que De Palma donne des américains : des incultes retardés et violents avides d’alcool et de sexe. Un vrai discours d’hollywoodien intello de gauche.
Et si le fond du problème était ailleurs ? Rien du discours des médias, de la formation donnée par l’armée aux jeunes recruts, de la politique américaine au Moyent-Orient durant les 30 dernières années… Je ne sais pas moi.
J’ai compris beaucoup plus de choses avec 2 minutes de La Guerre selon Charlie Wilson qu’en 1h30 de Redacted.
Et alors le final du final de la fin, c’est un défilé de photos de corps de petits bébés irakiens défigurés et brûlés par des bombes américaines. Pendant 5 minutes, un défilé de corps calcinés.
Bravo ! Brian de Palma en arrive à reprendre les mêmes images qu’utilisent les fondamentalistes musulmans, et pour servir le même discours.
C’est creux, c’est plat, c’est vide, c’est facile… c’est mauvais.
C’est anti-américain, c’est de gauche et c’est une vision simpliste de la guerre : ce film sera forcément un succès en France.
